Pas D'atom

28 Mars En route pour Turkmenbashi

 La nuit n'a pas été triste. Vers une heure du matin, le vent s'est mis à souffler très fort et la pluie à tomber. Cette pluie s'est transformée en grésil. Que faire? S'angoisser ou se rendormir. On a préféré la deuxième solution. On a bien dormi jusqu’à 6h.
Il est 7h du matin la pleige (mélange de pluie et de neige) s'est arrêtée. Il fait 3°C et on se réchauffe en buvant notre Nescafé.
 Ce n'est encore pas aujourd'hui que nous ferons notre toilette! Les chauffeurs ont préféré dormir dans leurs voitures, une de leurs tentes s'étant envolée lorsqu'ils sont sortis pour récupérer tout ce qu'il y avait sur les tables qui voulaient prendre aussi la poudre d'escampette.
Nos tentes ont bien tenu, mais pour aller boire le café on a été obligé de les lester avec une valise.
 Voilà, il est maintenant l'heure de tout démonter avant de quitter ce lieu magique. Encore une ou deux photos.
C'est reparti pour deux heures de hors piste un peu sévère. Heureusement qu'il ne pleut pas, sinon je ne sais pas comment nos véhicules, tout 4X4 qu'ils sont, auraient pu circuler dans ce qui serait devenu un bourbier sans nom.Ça démarre bien ; on crève au bout de 10 minutes. Mais bon, les chauffeurs ont l'habitude. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la roue est changée.
Au bout de deux heures on rejoint une route un peu plus carrossable. C'est celle de la vieille. Nous remontons sur le plateau après le lac salée. La descente vertigineuse s'est transformée en montée laborieuse. Au milieu, il y a un camion en panne au milieu de la route avec sa remorque . Nous avons du mal à le contourner.
C'est l'heure du café et des calissons. Il fait toujours bien frais.  Nous nous abritons dans un abris bus en béton. Comme d'habitude, un chien provenant d'une maison située à 2 km à vol d'oiseau nous a reniflé et vient quémander quelques biscuits. C'est un chien énorme tueur de loup, le "patou local". Mais il est tellement gentil que tout le monde lui donne un petit quelque chose.
Dès que l'on repart, il s'en retourne chez lui.
Voilà, après deux nouvelles heures de route correcte nous apercevons la mer Caspienne. Comme d'habitude les chauffeurs s'arrêtent pour nettoyer les véhicules afin d'éviter l'amende de 50$. Pendant cette halte, un 4X4 venant en sens inverse s'arrête. Les chauffeurs se connaissent. En fait il s'agit de 3 touristes qui vont visiter le canyon que nous venons de quitter. Sur les 3, un homme et deux femmes tous jeunes, un seul parle français. Mais on n'arrive pas à mettre une nationalité sur son accent. Peut être un belge? On risque de se croiser de nouveau vers Mary.
Nous contournons Turkmenbashi en direction d'Awaza à 8 km au sud ouest. C'est La Station Balnéaire du Turkménistan. Niyazov a voulu en faire un haut lieu touristique. Ce devait être la station la plus en vue de la Caspienne. Mais bon, entre la mer polluée par le pétrole, la concurrence de la côte sud côté Iran et le régime dictatorial, je ne sais pas si les touristes étrangers se bousculent au portillon.
Les hôtels sont gérés par des entreprises gouvernementales. Le nôtre s'appelle le "Kerwen Hotel". Kerwen veut dire caravane. Comme dit Vincent, ça fait luxe car on sort de deux jours de camping.
Comme il est 14h, on va vite manger au restaurant de l’hôtel. La salade que nous mangeons avec un bonne bière n'est pas mauvaise. Le café, soit disant un expresso est dégueulasse. Heureusement on a notre Nescafé!
Le repas fini on gagne notre chambre pour une bonne douche et un farniente géant. La chambre est très correcte. On a même un balcon avec vue sur la piscine qui est vide et les courts de tennis envahis par le sable.

 Il n'y a personne sur la plage. C'est un peu normal, il fait à peine 9°C. Après avoir donné notre linge à laver, on se plonge dans la contemplation et la lecture, biens abrités du vent sur le balcon. On n'a même pas envie de sortir.
Vers 19h nous nous retrouvons de nouveau au restaurant de l'hôtel  pour boire le champagne que nos troyens, donc presque des champenois ont amené dans leur bagage. Il est très bon.
Le repas suit. On mange de l'esturgeon de la Caspienne,excellent, arrosé d'un vin géorgien contenu dans une bouteille en grès. On trouve ce dernier très gouteux quoiqu'un peu sucré.
Durant tout le repas, on a eu droit à la télévision grand écran avec le son plein pot. Pourtant nous étions les seuls clients. Ce qui est curieux c'est que sur l'écran passe des publicités avec souvent des filles lascives, à la limite de la pornographie. La musique n'a rien à voir avec les dites pub. Il s'agit de tubes des vedettes locales. Pour couronner le tout, en bas de l'écran passent des messages de personnes cherchant l'âme sœur.
Même si c'est parfaitement indigeste, cela vaut mieux que de voir en boucle la tête du dictateur, pardon du président .
Voilà, il est l'heure d'aller dormir. Nos chauffeurs sont repartis pour Achgabat. On les retrouvera là bas après demain pour la suite du voyage. Nous rejoignons en effet la capitale demain par train de nuit.

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