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4 Avril Visite de Merv et départ pour Achgabat

Je me lève vers 3h du matin pour aller aux toilettes. Il y a un mot de Vincent sous la porte: "J'espère que vous avez bien dormi, rendez-vous à 10h30h dans le hall de la réception".
Ils ont du arriver tard!
Vu l'heure du rendez et l'impératif de prendre l'avion en fin d'après midi, je pense que nous n'irons pas visiter les ruines de Margush, une ville du 2ème siècle avant JC découverte il y a quelques années seulement.
Nous nous réveillons à 7h après une bonne nuit. La chambre est spacieuse. Il y a même une loggia qui donne sur la mosquée en face.
La moquette, très belle, est criblée de trous de cigarettes.En allant au petit déjeuner, nous croisons Vapa qui nous dit que les autres sont arrivés à 2h du matin. 18h de route, c'est vraiment de la connerie. Pauvres chauffeurs qui n'arrêtent pas depuis le début du voyage de faire des journées pas possibles!
En attendant notre rendez-vous Jackie va visiter le musée qui est à côté de l'hôtel. Je préfère rester dans la chambre à lire.
Dans la rue il y a une troupe de femmes balayant inlassablement le sable qui envahit tout. Elles sont enveloppées dans des tissus qui leur couvre intégralement le visage. Non pas par religion, mais pour se protéger du sable et surtout du soleil qui les empêcherait d'avoir une jolie peau blanche, la nouvelle mode.
Jackie rentre emballée de sa visite au musée. Le rez de chaussée de ce dernier est consacré à la vie édifiante de Niyazov. Il y est photographié avec ses meilleurs amis comme Poutine, Sarkozy ou sa maman, faisant du cheval, travaillant aux champs, etc. C'est curieux, elle n'a pas vu des photos de sa femme!
Au premier étage il y a des poteries de Margush mélangées avec des poteries musulmanes, des scènes de la vie courante de l'âge d'or ainsi qu'une yourte reconstituée. L'âge d'or est l'époque actuelle telle que promise aux turkmènes par le nouveau président futur dictateur.
Lorsqu'elle est revenue, Batyr était furieux de son escapade.
Voilà, il est 11h, on quitte l’hôtel pour aller visiter le site antique de Merv. Cela risque d'être bref. C'est dommage.
Merv  est une oasis traversée par un rivière dont le lit a fluctué au cours des siècles. L'emplacement des villes successives a donc suivi ces fluctuations.
La plus ancienne est Erk Kala fondée par les perses iraniens de Darius 1er au 6ème siècle avant J.C. Les murs en briques crues hauts de 28m on complètement fondu.
Nous grimpons jusqu'à ce qui ressemble aux restes d'une ancienne tour.
 De là, la cité ressemble maintenant à un cratère de 500 m de diamètre dont les versants sont les anciennes murailles.
 De l'autre côté, on voit bien les marais de l'ancien lit de la rivière avec des bouquets de tamaris en fleur.
La ville a été occupée ensuite par Alexandre le Grand  qui lui a donné le nom d'Alexandrie Margiane. Sont venus ensuite les Sélucides qui l'on renommée Antioche Margiane. Les turkmènes l’appellent "la cité des infidèles" car lorsque les arabes sont arrivés avec la religion musulmane, il y avait là des temples zoroastriens, grecs et même bouddhistes.
Nous continuons notre visite vers l'ancienne ville de Sultan Kala. La ville a été le centre du monde musulman jusqu'à la fin du 12 ème siècle où elle a été détruite bien évidemment pas Gengis Khan. En chemin nous croisons toute une famille de dromadaires .
La mosquée et le mausolée de Hodja Yusup Hamadani sont un des principaux lieux saints du pays. L'école coranique d'obédience Soufi date du 12ème siècle. Elle a rayonné dans toute l'Asie Centrale.C'est une des rares mosquées où le culte a pu continuer à l'époque soviétique. L'ensemble ne casse pas trois pattes à un canard. Le mausolée est de construction récente
Un peu plus loin se trouve le mausolée de Sultan Sanjar. Construit au 12ème siècle et restauré grâce à la Turquie, il a perdu son dôme de tuiles turquoises. La légende veut que le sultan ait fait tuer l'architecte qui l'a conçu pour qu'il n'y en ait pas d'autres aussi beaux.
Le dôme est décoré de stuc.
 Il y a une belle légende sur la petite fenêtre carrée dans le dôme:
"Sultan Kala était tombé amoureux d'une belle femme mais celle-ci lui fit promettre de ne jamais la regarder s'il voulait qu'elle reste auprès de lui.. Évidemment il ne put tenir sa promesse. Elle se transforma alors en oiseau. Elles se posa sur son épaule et lui dit qu'elle reviendrai  le voir de temps en temps s'il lui construisait un temple avec une petite fenêtre d'où elle puisse entrer et sortir. Le sultan construisit ce mausolée avec la petite fenêtre. La belle oiseau s'envola avec un coffret de bijoux qu'elle cacha dans le dôme avant de sortir par la petite fenêtre."
Lorsque les russes ont envahi le pays au 19è siècle, ils ont pris la légende au pied de la lettre et ont démoli le dôme afin de trouver le trésor.
Les murs sont ornés de motifs géométriques
L’acoustique de la salle est extraordinaire. On entend distinctement quelqu'un qui murmure à l'opposé.
A côté du cénotaphe il y a une trappe qui est parait-il l'entré d'un souterrain qui se termine à 17 km de là, selon Batyr.
 Un peu plus loin se trouve le grand Kyz Kala ou "Château des filles" car la légende veut que les femmes se soient jetées du haut des remparts plutôt que de devenir esclaves sexuelles des mongols. Elle est devenue pour cette raison un lieu de pèlerinage pour toutes les femmes du pays.Les restes de cette forteresse sont magnifiques.
L'architecture en demies colonnes est caractéristique du 8ème ou 9ème siècle. Il y a, à l'intérieur, un escalier qui mène en sous sol à un lieu de dévotion que Batyr nous déconseille à cause des serpents.
Cela ne semble pas gêner un groupe de femmes en goguette, pardon en pèlerinage.
Elles veulent ensuite toutes se faire prendre en photo. L’atmosphère est joyeuse et bon enfant.
D'une des brèches de la citadelle on voit le petit Kiz Kala ou "cité des garçons"beaucoup moins bien conservée. La légende veut qu'un garçon qui voulait épouser l'élue de son cœur, devait lancer une pomme de là bas jusqu'ici. Vue la distance il ne devait pas y avoir beaucoup de mariages. Les deux citées devaient être des lieux d'habitations de l'élite de l'époque.
Nous poursuivons notre périple jusqu'à une glacière de l'époque timouride (successeurs de Tamerlan). Cette construction en forme de bol renversé mesure 15m de diamètre et 20 m de haut. Bien que le toit n'existe plus, il y fait frais à l'intérieur malgré une température extérieure de 32°C.

Comme il fait -10°C l'hiver, l'hypothèse des glacières est crédible. L'entrée était minuscule à l'époque et les trous permettaient une bonne ventilation. Certains archéologues pensent que c'était seulement une citerne.
Nous quittons le site en passant devant les murailles de la cité d'Abdullah Khan Kala un descendant de Tamerlan au début du 15ème siècle. Les murs de briques cuites sont bien conservés.
Voilà, il est presque 15h, nous nous arrêtons dans un restaurant ombragé pour notre repas d'adieu. L'endroit est très ombragé. Il vaut mieux par cette chaleur!
Nous rendons un hommage sincère à nos chauffeurs qui ont été d'excellents conducteurs responsables, serviables et patients malgré le nombre d'heures passé chaque jour sur les routes. A droite de la photo, les deux frères turkmènes: avec Vincent  Vapa le grand frère et à côté Ouch le cadet
Et là Serguei à gauche sur la photo.
On a décidé de leur donner à chacun un pourboire plus élevé qu'à Batyr. Personnellement, Jackie et moi n'aurions rien donné à cet escroc et beaucoup plus aux chauffeurs, mais il parait qu'il ne faut pas les habituer aux luxe, dixit nos compagnons de voyage!
Au menu, on a eu beaucoup de viande grillée, des frites, du riz et de la bière. Le cuisinier a aussi mitonné les champignons que nos compagnons ont cueillis lors de leur périple dans le désert. Ils sont excellents.
Le barbecue est alimenté par un immense tronc de saxaoul. Il n'y a qu'à tirer la braise sur le côté à la demande.
Voilà, il est maintenant l'heure de rejoindre l'aéroport de Mary. On se sépare avec émotion de nos chauffeurs.
Batyr reste avec nous jusqu'à l'embarquement pour Istanbul demain. La salle d'attente est munie de grands canapés en tissus, style bergère pour géants. Dommage que je n'ai pas fait de photos. Le panneau des vols en indique seulement 3 par jours. L'embarquement pour le vol de Turkménistan Airlines se fait à l'heure et à pied jusqu'à l'avion qui décolle "on time".

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