Vincent nous accorde un repos jusqu'à 9h avant une visite de la ville et de Nissa.
Harassés nous pensons que nous n’arriverons pas à nous endormir.
9h du matin, le téléphone sonne. C'est Vincent qui nous sort d'un profond sommeil.Il y a eu comme une ellipse!
Pendant que Jackie prend sa douche, j'allume la télévision. Une des chaines montre en boucle le président du Turkménistan parlant à ses généraux. Les autres chaînes débitent comme chez nous des soap opéras édifiants.
J'éteins vite et file prendre moi aussi une bonne douche.
Nous rejoignons la salle du petit déjeuner qui jouxte un casino. Il y a beaucoup de touriste iraniens, fortunés je suppose. Les femmes ne sont pas voilées.
Il y avait en fait quelques jours auparavant.la fête du Norouz ou fête du printemps. Norouz est célébré depuis au moins 3 000 ans et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme.
Le petit déjeuner est vraiment classe: café, lait, viennoiseries, fruits....
Nous partons maintenant en minibus vers Nisa l'ancienne cité Parthe classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette citadelle en ruine à une quinzaine de km d’Achgabat est située au pied de la chaine de montagnes du Kopet Dag qui sépare le Turkménistan de l'Iran.
On voit en arrière plan les montagnes encore enneigées.La route qui serpente dans les collines au second plan constitue un chemin de santé qui parti d'Achgabat se termine ici. Initié par Niyazov, l'ancien président dictateur, il est d'après notre guide Batir, toujours beaucoup emprunté par les turkmènes qui viennent s'y ressourcer.
François Mitterrand a visité Nisa en 1994 en compagnie de Bouygues. Il était venu dans le pays pour finaliser d'importants contrats de construction avec le dictateur Niyazov. Comme il était déjà malade et qu'il boitait, on avait bâti exprès un escalier avec marche haute puis marche basse successivement pour qu'il puisse monter dans la citadelle.
Est-ce Mitterrand qui accompagné Bouygues ou l'inverse? Toujours est-il que les liens avec la dictature ne se sont jamais distendus. Le mois dernier, Sarkozy a envoyé au nouveau dictateur un télégramme de félicitations pour la fête du drapeau.
Nisa fut la capitale des Parthes (247 av. J.-C. – 224 ap. J.-C.). Ces derniers, contemporains et ennemis des romains pratiquaient le zoroastrisme. La citée construite en briques crues n'a pas conservé sa forme d'origine. Les murailles qui entouraient la ville ont carrément fondu à cause des pluies et du soleil et ressemblent maintenant à de petites collines.
Les Parthes avaient choisi ce lieu près des montagnes où ils disposaient de l'eau qui en descend et d'immenses forêts qui ont disparu surtout depuis l'occupation des russes au XIX ème siècle. ces derniers ont eu besoin de beaucoup de bois pour réaliser la ligne de chemin de fer qui traverse le pays. Ça c'est ce que dit notre guide. Peut-être aussi que le climat était plus clément il y 2000 ans.
Pour remédier à cette déforestation Niyazov, toujours lui, a ordonné la plantation dans le pays de 60 millions d'arbres. Les arbres ont bien été plantés mais les trois quarts sont déjà mort par manque d'eau.
Le centre de la cité dispose encore de murs mieux conservés et d'espèce de ruelles.
Il y avait beaucoup de tours qui ont été détruites lors du grand tremblement de terre de 1948.
Il n'y a pas eu réellement de fouilles ou de rénovations si ce n'est les russes ou les italiens qui ont essayé de remonter des piliers à l'ancienne.
Aujourd'hui il n'y a pas âme qui vive et pourtant nous sommes un samedi, jour chômé au Turkménistan. Ni archéologue ni touristes à part nous.
Quand je dis "ni archéologue" c'est à moitié faux car Batir nous a présenté un ami à lui comme étant l'archéologue en chef. Celui-ci nous a suivi pendant toute la visite sans piper mot (ni en turkmène ni en russe ni en anglais). Au moment du départ il nous a vendu un lot de photos de Nisa. Je pense qu'en fait ce n'était pas un archéologue mais un marchand. Je me trompe peut-être.
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