Pas D'atom

25 Mars En route pour Nokhur

Après une nuit de sommeil dense, on prépare nos bagages. Nous partons aujourd'hui pour Nokhur dans les montagnes du Kopet Dag..
J'en profite pour prendre en photo depuis la chambre un des nombreux palais présidentiels.
Ce n'est pas pour la beauté du cliché, mais comme c'est interdit de le prendre en photo depuis la rue..
 Hier matin nous avons donné nos passeports à la réception ainsi que deux photos chacun. On récupère les passeports ainsi qu'un beau papier vert du ministère du tourisme. C'est le sauf conduit qui va nous permettre de pénétrer dans les zones frontalières normalement interdites au tourisme.
Après un petit déjeuner aussi copieux que celui de la vieille, nous embarquons dans trois 4X4. Ces véhicules vont être les nôtres pendant tout le voyage.
Deux de nos chauffeurs sont frères et turkmènes. Il s'agit de Vapa le grand frère et Ouch le plus jeune.  Le troisième, Serguei est turkmène aussi mais fait parti de la minorité russe.
A cinq plus Batir, on ne va pas être serré. Afin de ne pas s'enfoncer dans l'habitude,Vincent propose que l'on change régulièrement de véhicule. Lui et Batir viendrons alternativement se joindre à nous.
C'est parti, le clermontois et Batir dans la voiture de tête, Jackie et moi dans le véhicule du milieu, les troyens et Vincent dans le véhicule de queue.
Une des voitures transporte tentes, duvets et matériels de picnic, les autres nos bagages.
En quittant la ville, je m’aperçois qu'à chaque carrefour, il y a une guérite avec un policier dedans. Même si les pandores ont un air débonnaire, on sent bien que la surveillance est permanente.Il paraît que dès 22h les rues sont désertes.
Après les beaux quartiers clinquants, on traverse les faubourgs où vivent les vrais gens dans de vrais immeubles.
Chaque immeuble est surmonté d'un grand nombre de paraboles (une par appartement). Le gouvernement a bien essayé d'en interdire l'installation. mais devant la grogne de la population, il a renoncé à son projet. Toute dictature ayant sa faiblesse, les turkmènes peuvent donc échapper à la propagande officielle et voir ce qui se passe dans le monde qui les entoure.
On s'arrête à une station service pour faire le plein. L'essence est à 1$ pour 5 litres. De plus chaque turkmène a droit à 150l d'essence gratuits par mois. C'est ainsi que la paix sociale est garantie! Le gaz est aussi gratuit ainsi que l’électricité et les denrées de première nécessité comme le sucre. Il y a la queue à la station car les pompes ne sont pas en libre service.
Après notre premier contrôle de police qui se passe sans encombre, nous arrivons à la mosquée de Turkmenbashy Ruhy à côté de Gypjak, le village natal de Niyazov. Le tremblement de terre a tué sa mère et ses deux frères.
A côté du cimetière où reposent de nombreuses victimes de ce désastre, Niyazov a fait construire une mosquée qui est la plus grande d'Asie centrale.
Cette mosquée construite par Bouygues pour la bagatelle de 160 millions d'euros, beaucoup plus selon les mauvaises langues, peut accueillir 20 000 fidèles (13 000 hommes et 7 000 femmes). Elle dispose d'un immense parking souterrain pouvant accueillir 100 autocars et 400 voitures. Plaquée de marbre de carrare, tant qu'à faire, elle est flanquée de 4 minarets de 91 m. Cette hauteur ne vous rappelle rien? Mais oui bien sûr, c'est la date de l'indépendance du pays en 1991. La coupole est recouverte d'or.
Le cadre où est implantée la mosquée est magnifique.
L'intérieur, protégé par les deux traditionnels gardes immobiles, n'est pas mal non plus. Il faut le reconnaître.
Hélas on ne peut pas faire de photos. L'intérieur est vide évidemment, comme dans toutes les mosquées. Il y a un immense tapis à 5 branches au sol, un des plus grands du monde d'après notre guide. Le rez de chaussée est réservé aux hommes, les femmes ne sont pas installées derrière mais sur un balcon qui fait le tour de la salle.
La grande particularité de cette mosquée est qu'il  y a des versets et des morceaux choisis du Ruhnama écrits en nouveau turkmène c'est à dire en alphabet latin.
Un peu à cause de l’éloignement, de la capitale, beaucoup à cause de ce sacrilège, la mosquée n'est pas du tout fréquentée. Il n'y a jamais eu de prières dans cette mosquée!
Avec une partie des bénéfices réalisés sur la Mosquée, Bouygues a offert à Niyazov un mausolée à la mémoire de sa mère et ses frères. A sa mort, ce mausolée est devenu le sien aussi.
Dans les mêmes tons que la mosquée, il est aussi protégé par deux gardes immobiles et on ne peut en photographier l'intérieur.
Dans un espace vide, il y a une crypte dans laquelle reposent les quatre sarcophages de la famille Niyazov. Celui du père mort pendant la guerre en 1943, ceux de sa mère et ses deux frères morts lors du tremblement de terre de 1948 et le sien.
C'est bizarre mais son sarcophage n'est pas différent des autres. Il est presque simple! Il n'y a pas le tombeau de sa femme.
Dès qu'il a été élu président, Niyazov a envoyé sa femme et ses enfants à l'étranger. Ses enfants ne sont revenus qu'à son enterrement et sont aussitôt repartis.
Nous repartons pour nous arrêter de nouveau sur les ruines de la forteresse de Geok Depe, haut lieu de la résistance turkmène contre l'envahisseur russe au XIX ème siècle.
Cette forteresse a été le dernier bastion des tribus turkmènes rassemblées contre le général Skobelev. Celui-ci n'y est pas allé par quatre chemins. Il a envoyé une équipe de sapeurs qui a fait exploser la forteresse. Au moins 6500 turkmènes ont été ensevelis dans les décombres et près de 8000 on été occis à l'extérieur pendant leur fuite.
A côté du cimetière des martyrs, notre Niyazov national a fait construire une mosquée. Pas tant pour commémorer la bataille que de célébrer son premier pèlerinage à la Mecque. Elle s'appelle d'ailleurs la mosquée Sapamurat Hadji. Hadji veut dire pèlerinage.
Et qui a bien pu construire cette mosquée. Bouygues évidemment. Enfin pas entièrement car les fondations avaient été faites par une société turque.
Ceci dit encore une fois, le bâtiment ne manque pas de charme. Il est moins tape à l’œil que la mosquée précédente.
Après la porte d'entrée il y a une court intérieure très aérée avec des versets du coran en arabe. Est-elle plus fréquentée, je n'en suis pas sûr.
Voilà nous reprenons la route. On traverse une grande étendue normalement désertique mais occupée par des plantations de coton très clairsemées. Le sel de la nappe phréatique saumâtre est remontée à la surface.

 Nous nous arrêtons dans un petit restaurant au bord de la route, une espèce de relai routier où nous mangeons des brochettes.fort honnêtes.
Nous quittons maintenant la route principale qui menait à Turkmenbashi sur la mer Caspienne et filons vers les kopet Dag. La route suit une rivière ombragée où de nombreux turkmènes pique niquent. C'est Dimanche, ils font comme la plupart des français.
Nous nous arrêtons nous aussi dans un coin ombragé pour prendre notre premier café ou plutôt Nescafé que l'on a pris soin de ramener de France. Nous avons récupéré l'eau chaude à l'aide de nos thermos dans le restaurant précédent.
La route commence à monter et le paysage devient de plus en plus aride. Au bout de quelques heures nous atteignons les faubourgs de Nokhur où se trouve la maison des gens qui nous accueillent pour la nuit.
C'est une grande maison traditionnelle avec sa tonnelle et sa parabole.

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