Pas D'atom

25 Mars Nokhur

Nous déposons vite nos affaires pour aller visiter une cascade parait-il très belle, plus haut dans la montage.
C'est bien nous ça. Pas plutôt partis que nous nous arrêtons devant le cimetière du village. Les tombes sont très curieuses. Celles des hommes sont surmontées de cornes de bouquetins.
Batir nous explique que les gens de cette tribu se proclament descendant d'Alexandre le grand. Comme parait-il les soldats de ce dernier portaient sur le casque de telles cornes, les hommes perpétuent la tradition à leur mort. C'est un peu fumeux comme explication. Peut-être sont-ce les cornes des cocus!
Les tombes des femmes sont plus sobres et se contentent d'étoffes chamarrées.
On dirait à voir le cimetière que les hommes meurent plus que les femmes!
 Monsieur Matthias Jullien. de Paris, nous appelle au sujet des tombes avec des cranes de bouquetins et que l'hypothèse d'Alexandre le Grand c'est des salades
Pas du tout.Alexandre le Grand en turkmène se dit : "Isgender Zülkarneýn",terme qui descend de l'arabe "Al-Iskandar Dhû-l-Qarnayn" (nom que l'on trouve  par exemple dans le coran (sourate dite de la caverne))
En arabe, "qarn" signifie, entre autres, corne.la boucle est bouclée
Comme quoi on en apprend tous les jours!
Nous continuons à grimper jusqu'à la cascade. Il y a encore des névés et le fond de l'air est frais.Du thym citron fort odorant pousse dans cette steppe. La piste traverse des rivières que les véhicules, vue la pente, auront des difficultés à franchir en redescendant.
Nous arrivons enfin à la cascade qui n'est en fait qu'un mince filet d'eau. Le paysage est minéral.

Dans ce coin désolé et loin de tout, Vincent pousse un cri de joie. Avec son I phone il vient de se connecter à Internet pour la première fois depuis son séjour au Turkménistan.. Merci l'Iran qui n'est pas loin. Il décide que lors de prochains voyages ,cet endroit sera catalogué comme cyber café et qu'un picnic y sera organisé.La descente au village est un peu plus périlleuse. Nous sommes obligés de mettre des cailloux dans la rivière pour que l'avant des véhicules ne s'encastre pas sur la berge.

De retour à la maison d'hôte, nous sommes assaillis par les enfants de la famille. Un des garçons veut à tout prix que je l'enregistre sur mon dictaphone numérique.
Les plus petits on amené des agneaux pour qu'on les prenne en photo.


Nous faisons ensuite une distribution de calissons d'Aix que nous avons dans nos bagages. Ils sont très appréciés. Ça nous permet de nous échapper et de visiter un peu la maison.
Au rez de chaussée, il y a une salle de bain sommaire mais avec de l'eau chaude. Comme le gaz est gratuit, le tuyau d'eau traverse un chauffe eau maison avant d'aboutir sur une douche rudimentaire mais qui fonctionne.
A l’étage, après la tonnelle,l'avant entrée de la pièce principale se trouve le réchaud à gaz bien évidemment.
La pièce principale qui sert de salle à manger est immense. La table est déjà mise. Dans le fond ronronne un poêle à gaz qui carbure à plein régime. Il fait très chaud dans la pièce.
On se déchausse avant d'entrer. Les chambres de la maison sont immenses et dépourvues de meubles.
En fait ces pièces sans meubles sont très utiles lors d'un mariage où l'on doit accueillir de nombreux invités. La nôtre est sans fenêtres. mais avec télé. Nous aurons de simples futons comme matelas. Ce devrait être suffisant.
Après un moment de repos nous rejoignons la grande salle où nos hôtes nous ont concocté un fort joli repas. Au menu du "plov" une espèce de riz pilaf, des boulettes de viande avec un bouillon et des légumes.
J'ai quand même du mal à m'assoir en tailleur. Heureusement nos hôtes sont charmants et nous donnent des coussins. Je continue mon repas à la romaine.
Après le repas nous sommes allés visiter le reste de la famille dans une maison voisine. Il n'y avait que des femmes très chaleureuses  avec des bébés jumeaux qui ont adoré se faire photographier.
Dans un coin, une dame un peu plus âgée tisse de la soie sur un métier rudimentaire.
On reconnait bien sur ces photos les femmes mariées avec un foulard sur la tête et les jeunes filles, fort belles au demeurant, avec les cheveux libres.
Certaines des femmes mariées et notamment la tisseuse se couvrent la bouche en notre présence.Dans cette région, la femme mariée qui vient comme c'est l'usage vivre dans sa belle famille, ne doit pas, si le beau père l'exige, montrer sa bouche aux étrangers.
Seul ce dernier peut la dispenser, lorsqu'il le juge opportun, de cette obligation. Si tel n'est pas son souhait, la femme devra attendre la mort du beau père. Notre guide n'a pu nous expliquer l'origine de cette pratique plus que macho que nous ne retrouverons pas ailleurs dans la suite de notre voyage. Est-ce une version édulcorée du tchador? Je n'ai pas pu trouver d’explication sur Internet. Le mystère demeure.
Nous regagnons notre chambre vers 21h. Il fait vraiment trop chaud dans la maison. Vincent demande à notre hôte de baisser un peu le poêle.Ce dernier s'exécute mais dès que Vincent gagne sa chambre, il s'empresse de remettre le chauffage plein pot. Nos hôte doivent être frileux car ils dorment tout contre ce poêle, une fois la table débarrassée.
J'ai du mal à m'endormir avec cette chaleur et le manque d'aération de la chambre. Enfin j'ai du mal pendant cinq minutes!





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